Journal constat
Photo: Je suis à gauche, avec mes trois frères, et les enfants de la famille, du temps où j'étais semi-marathoniern.
Extraits de mon journal :
Comment donner une idée de mon état ? J’essaye de tenir un journal ; je vous laisse entrevoir quelques moments de ces exercices de thérapie contre la dépression par l’écriture :
- j’ai toujours des flashs de catastrophe avec les morts, les vivants qui hurlent, les blessés et moi qui suis témoin ou victime. À chaque fois je laisse partir mon esprit ; tout de suite je tombe dans l’absurde, l’impensable, l’irréel, les cauchemars éveillés. À chaque fois je secoue la tête pour revenir sur terre
- Me revoilà malade, prêt à plonger dans l’antre de mon lit pour fuir ces moments-là et ne pas voir la journée passer. Je pleure sur moi.
14H30 : je pleure à chaudes larmes. Je n’arrive plus à me contrôler. J’ai téléphoné à Elyane. Elle a essayé de me consoler au téléphone. Je ne sais pas ce qui me fait pleurer comme cela. Tout d’un coup je change d’humeur ; je me vois seul à la maison ; je panique. Je sens monter en moi une angoisse à couper au couteau. Je pleure de plus en plus
Elyane sera de retour à la maison vers 16H30. Pendant ce temps-là que vais-je faire ? Il faut que je me secoue pour m’occuper. Je n’ai envie de rien. Je ne veux plus retourner en clinique. Je dois guérir à la maison.
- Ce matin, ça ne va pas encore bien. L’angoisse est toujours présente. J’ai envie de ne rien faire. Je n’ai même pas pris ma douche. Aucun courage ne vient.
- Une belle journée en perspective. J’ai téléphoné, hier, à mon psychiatre. Vu mon état, il a tout de suite augmenté les médicaments. J’ai passé une bonne nuit, mais je traîne ce matin. Les psychotropes me pèsent et ça se voit, par ma voûture par exemple. Je suis obligé d’arrêter d’écrire.
Je prends actuellement 180 gouttes d’un neuroleptique, et je plane et cela jusqu’à me fait du bien.
- Ce matin, il y a un léger mieux, mais je suis gros et cela me décourage. Je n’arrive pas à maigrir. Je mange trop.
Il est 8 heures du matin. Eliane et Ariane (ma femme et ma fille) sont parties au travail. Déjà mon cœur grossit. Je vais rester seul avec moi-même, et les gouttes de larme commencent à perler. Je ne puis passer ma retraite à pleurer. J’attends de mes lecteurs un conseil, une idée, pour que je sois un peu mieux dans ma peau.
- Bilan de santé au réveil : toujours des cauchemars qui me réveillent à chaque fois et je me lève ensuite fatigué.
Quand je me sens seul, je panique.
J’arrive à peine à tenir le stylo. J’essaie de respirer par le ventre, mes mâchoires sont serrées. Comment faire pour me sortir de là ? Des larmes coulent sur mon visage.
J’ai mal à la poitrine. Mon cœur s’accélère, je l’entends battre dans ma poitrine. Je vais essayer de m’allonger sur le divan. Je ne peux pas continuer à d’écrire dans cet état.
- Je ne sais pas comment je vais réagir une fois seul. Il est 19H30. Je pense déjà à demain. Des larmes me viennent car je sais que je serai seul avec moi-même. Elyane et Ariane au travail, et moi qu’est-ce que je deviens ? Je ne peux pas passer ma retraite à pleurer. Mais comment y faire face ? Je n’ai pas de courage. Ma tête est vide. Je panique déjà. J’ai peur de mettre fin à ma vie dans ces moments-là. Mon Dieu, si j’avais une solution ! Je sais qu’il faut m’occuper. Ne pas rester tout seul dans son coin, mais c’est plus fort que moi. Je n’arrive pas à prendre mon corps entre mes mains et le secouer comme pour le réveiller. Je n’ai plus envie d’écrire ce soir. Je rentre dans mon cocon. Que sera la nuit ? À demain !