Ciel! un paille-en-queue
Photo : Je suis en haut des escaliers près de la gare Saint-Charles à Marseille. Au loin Notre Dame de
Ciel ! un paille-en-queue.
O mon île perdue dans l’Océan Indien
Toi qui m’a vu grandir et partir loin des miens,
C’est à toi que je pense en frileux matin
Où le mistral balaie tout sur son chemin.
Mon cœur en émoi, les larmes plein les yeux,
Les bras ouverts, tendus vers les cieux,
Remercier l’éternel, notre Dieu,
Dans le ciel provençal, un paille-en-queue.
Divine apparition remplie de nostalgie,
Ses ailes déployées caressent le midi,
La « Bonne mère », sur son socle, prie,
Je bénis du regard de signe du pays.
Voler avec lui au-dessus de Marseille,
Se blottir sous ses ailes, rester en éveil,
Eviter l’angoisse du réveil
Penser à l’enfant qui en moi sommeille.
Ce messager ailé, en son genre unique.
Missionnaire de l’amour dont la flèche me pique,
Par des cris célestes, m’alerte, m’explique,
Qu’un soutien fraternel m’arrive des tropiques.
Le temps d’un éclair le rêve s’évanouie.
Le mistral souffle les flammes de ma vie.
Majestueux paille-en-queue, à l’infini,
File à l’horizon, déjà englouti.