Le Colbert au Ghana

Publié le par Janick Lebon

 

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Le Colbert au Ghana (Accra)

 

 

Photo : C’est donc en Provence que j’ai pris racine depuis mon mariage. Ici je suis devant la crèche de Roger (à gauche sur la photo), mon cousin de Marseille par ma femme, qui s’applique à entretenir la culture provençale – il n’y a qu’à voir avec quel soin il a construit et enrichi sa crèche.

 

Le bateau venait à peine d’accoster le long du quai qu’une foule de marmailles accompagnés de leurs parents grimpaient l’échelle de coupée. Soit disant pour visiter le bateau, mais tout le monde savait bien qu’il n’y avait pas que des visiteurs sans arrière-pensée. D’ailleurs, on nous avait prévenus de faire attention aux voleurs qui parfois se glissaient dans ces visites. Au bout d’un certain temps, une fouille a même été ordonnée dans tout le bâtiment. Il y en avait dans tous les coins, dans les tourelles, les cuisines, la cafétéria, etc. On ne savait plus quoi en faire. Le commandant décida alors de ne plus laisser monter à bord des personnes étrangères pour les jours à venir car notre escale devait durer quatre jours.

Au moment de notre prise de contact avec le sol, il avait toujours la présence sur le quai d’une foule dense avec des gosses qui couraient partout. Dès la descente du bateau, ils nous prenaient la main pour nous emmener chez eux. La surprise ! Ils nous présentaient leurs parents…pour faire l’amour avec l’une des femmes de la maison. Il y avait le choix entre la grand-mère, la mère ou la sœur. Tout ça pour une poignée de billets africains. L’impression que j’ai retenue, dans la ville visitée et pour le temps que j’y ai passé, bien entendu : beaucoup d’hommes au Ghana sont des militaires : tenue bariolée, casquette, etc. Tandis que pas mal de femmes sont des putes (je veux parler du quartier que j’ai visité). Je n’ai plus beaucoup de souvenirs de la ville elle-même, mais je revois encore ces immeubles délabrés, ces nombreuses cases en tôle et ces rues poussiéreuses, comme dans tous les pays africains que nous avons visités d’ailleurs !

L’orchestre du bord avait organisé un bal sur la place publique. Tous les habitants de la ville y étaient, à voir le monde qu’il y avait. Tous les marins avec des filles, pour passer la nuit, du moins une bonne partie ; et en arrivant au bal nous avons constaté que toutes les tables étaient prises. Un petit garçon nous a conduits à deux filles qui se tenaient à l’entrée du bal. Et il nous a fait comprendre qu’il fallait que nous les prenions pour cavalières. Nous nous sommes bien amusés, et nous sommes rentrés à bord dans une condition quelque peu vacillante.

Dernier jour d’escale : réception à bord. Je tenais un vestiaire avec un collègue. Les uns après les autres nous remettaient leurs casquettes que l’on rangeait suivant les grades. Les dirigeants de la ville étaient ovationnés en levant leur verre. Il ne faut pas oublier que le Colbert représentait la France. Tous les plateaux remplis de verres de champagne passaient d’abord par les vestiaires, et, au passage, nous faisions main basse sur quelques-uns de ces verres. À la fin du bal, il fallait rendre les casquettes à leurs propriétaires, et étant donné ce que l’on avait bu, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y avait une certaine pagaille dans l’opération. Certains invités repartaient avec la casquette d’un autre, mais comme ils avaient bien bu, eux aussi, ils n’étaient plus en état de s’en rendre compte vraiment.

Appareillage à l’aube : la population était là, malgré l’heure ; il était six heures du matin. Tout de blanc vêtu, aligné sur chaque étage, l’équipage leur disait au revoir en secouant le béret ou la casquette, selon le grade.

Nous sommes passés ensuite à quelques exercices en mer. Des coups de canon étaient tirés sur les avions qui nous attaquaient ; des coups pour rien, car nos canons avaient déjà pris de l’âge. Après trois jours à simuler la guerre, nous avons mis le cap sur NOUAKCHOTT (Mauritanie).

 

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