Bienvenue
Page 0 de mon livre : « Passer par mes souvenirs ».
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Photo: Janick Lebon, à gauche de la photo, et, en partant vers la droite: Aimé, mon frère; Martine, une cousine de Marseille; Elyane, ma femme; Roger, le mari de Martine; Cécile, ma belle soeur; et Georges, son mari.
Vous êtes les bienvenus dans mon blog ; mais je vais vous demander un effort pour me suivre dans mes voyages : celui que j’ai accompli dans ma jeunesse ; celui qui m’a conduit à enraciner ma famille en Provence ; et celui que je continue à faire dans ma tête en ces temps de retraite. Un effort pour me comprendre, pour m’aider aussi, car j’attends de vous quelques idées pour retrouver d’autres points d’appui. Il reste à espérer que cette respiration que nous ferons ensemble soit bénéfique à tout le monde.
Je m’appelle Janick LEBON, et je suis né le 22 avril 1948 au Port dans l’île de la Réunion, département français de l’Océan Indien situé à 300 km dans l’est de Madagascar. Je suis un retraité de la Poste. Marié et père de 3 enfants – et grand-père d’une petite fille – j’habite à Marseille où j’ai ma propre maison située à l’extérieur du centre-ville, dans les collines. Justement, avec ma femme Elyane, nous venons de finir de la payer. C’était dure, pour la garder et éviter de la vendre car nous avions de plus en plus de difficultés à payer nos échéances – et c’est grâce à la solidarité familiale que nous avons pu rester la tête hors de l’eau. Je veux remercier ici tous ceux qui nous ont apporté leur aide.
Je suis donc un ancien de la Poste ; mais j’ai dû quitter mon île pour m’engager dans la marine nationale. J’avais 18 ans à ce moment-là. J’en ai « bavé » pour obtenir mon diplôme de gestionnaire.
J’ai beaucoup voyagé dans la marine. La plupart de mes affectations étaient des bateaux. À commencer par le plus gros, le porte-avions FOCH, puis le croiseur anti-aérien Le COLBERT sur lequel j’ai fait une croisière de trois mois en Afrique ; il y a eu ensuite les escorteurs d’escadre Le GUEPRATTE et Le CASABIANCA. J’ai eu aussi des affectations à terre comme l’Ecole des mécaniciens basée à Saint-Mandrier près de Toulon ; la base aéro-navale de Nîmes Garons. Et enfin les Marins pompiers de Marseille, là où j’ai donné ma démission.
Pourquoi j’ai donné ma démission ? J’étais alors en fin de contrat avec la marine nationale, et le renouvellement de ce contrat se présentait avec un avis favorable. J’étais bien dans les normes, mais c’est le bateau qui m’attendait dans une nouvelle affectation. Et ma situation familiale ne s’y prêtait pas : à ce moment-là nous avions perdu notre fille, touchée par un médulloblastome, un cancer très rare chez le nourrisson. Elle est morte la veille de son anniversaire – elle avait un an. Ma femme ne voulait plus que je parte naviguer ; elle ne supportait plus de rester seule, et la perte de notre enfant n’a pas arrangé la situation. Alors j’ai démissionné, avec un coup au cœur, et dans ma carrière car je venais de monter en grade : j’étais maître ! Ma carrière était brisée. Mais il fallait passer par là, en plus je quittais la marine sans perspective d’emploi au moment du départ. C’était un pari fou ! Tous mes collègues n’arrêtaient pas de m’encourager – « Tu nous abandonnes ; tu dois penser à ta carrière » ; même le Commissaire en chef (un « cinq galons ») voulait me retenir. J’ai quand même démissionné, et je me suis retrouvé sans emploi.
À ce moment-là un concours de préposé à la Poste était annoncé ; je me suis présenté et je l’ai réussi. Quelle bouffée d’air ! Mais j’ai été envoyé à Rueil-Malmaison, à côté de Nanterre, à Paris. Quelle déception ! J’ai quitté la marine pour être tranquille avec ma famille, et je me retrouve dans la région parisienne. J’ai fait des pieds et des mains pour obtenir une mutation pour Marseille, et j’ai fini par être affecté au centre de tri postal de Marseille gare.
C’est là que j’ai commencé à souffrir d’une petite dépression qui me guettait depuis quelque temps, et que je n’avais pas soignée. C’est que dans mon nouveau travail je me sentais dévalorisé, car dans la marine j’étais chef d’équipe et fier de l’être ! À la poste, je me suis retrouvé au bas de l’échelle : j’étais manutentionnaire, à soulever des sacs toute la journée, et je touchais la moitié de la paye que j’avais auparavant. Les conditions ont été pénibles pour moi durant des années. J’avais honte de dire que j’étais un manutentionnaire et cela me faisait souffrir. La somme de tous ces malheurs, grands et petits, a fait que j’ai fini par craquer : grosse dépression, avec crises d’angoisse, et des idées de suicide. Après une série de congés et de reprises du travail, j’ai été classé en longue maladie, et je suis resté dans cette situation jusqu’à ma mise à la retraite pour invalidité.