5e escale: Dakar

Publié le par Janick Lebon

 

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5e escale : Dakar.

 Photo: Ma soeur Rudy, paisible retraitée soignant ses orchidées.

Un nouveau départ : à chaque fois un même spectacle se déroule sous mes yeux.

 

Il est dix-sept heures, les dockers s’affairent sur les quais. Le Jean Laborde s’y détache. Il tourne sur lui-même et se dirige vers le chenal. La manœuvre est réussie.

 

Le bateau s’éloignant de la ville, je décidais de rester sur le pont pour jeter un dernier coup d’œil sur Cap-Town. Dès la sortie du chenal, l’étrave du navire plongeait dans les vagues ; pour un futur marin, ce n’était pas la joie. Mais je décidais de rester malgré tout sur le pont, mais à la poupe.

 

Une boule de feu à l’horizon embrasait le ciel ; et je vis alors le soleil tout rouge, dans sa parure étincelante, se glisser irrémédiablement sous la ligne de l’horizon. Et en un rien de temps la nuit enveloppa le navire. Je décidais alors de rentrer pour retrouver ma couchette.

 

Au lever du jour, après ma toilette, je grimpais les escaliers pour voir le paysage. J’étais le premier à être debout. Tout au long de la traversée les dauphins nous ont présenté leurs ballets. Et nous nous amusions aussi à attraper les poissons volants sur le pont.

 

Les jours passaient et se ressemblaient. Dakar était encore loin. Pour lutter contre l’ennui qui nous gagnait, les chefs nous ont proposé de faire du sport sur le pont avant du navire ; tous ensemble, nous n’avions pas mis beaucoup de temps à nous préparer. Une séance durait une bonne heure. Aujourd’hui je n’ai plus d’idée précise du nombre de jours de cette traversée, mais je sais qu’elle a été une épreuve, qui a été bien surmontée.

 

Une nouvelle arrivée : Enfin Dakar est en vue, mais l’impression immédiate est que la terre est encore loin. Le pilote monte à bord – c’est lui qui est le commandant à bord pour accoster le navire. Et partout dans le monde, il y en a un en permanence dans chaque port. Comme pour les autres escales, le même manège recommence. Et Dakar nous ouvre ses portes. Prêts pour visiter ? alors, allons-y !

 

Il y avait un monde à sortir du bateau, mais une fois sur les quais, nous sommes arrivés à nous faufiler à travers la foule.

 

Mon impression : Dakar est une ville pauvre, où tout le monde est en permanence dans les rues ; les invalides se mêlent à la foule, et personne ne fait attention à eux. Je n’ai jamais vu une telle affluence. Des enfants qui courent dans tous les sens.

 

Je veux vous raconter une histoire : je déambulais dans la rue principale quand un petit me demande s’il peut me brosser mes chaussures. Ce n’est pas cher qu’il me dit, c’est 5 francs. Je lui réponds que je n’en vois pas l’utilité. Je vous le fais gratuit ! me lance à nouveau l’enfant. Dans sa boîte en bois, il y avait tout ce qu’il fallait pour brosser des chaussures. Il s’accroche à mes bottes, insiste et je finis par craquer. Je m’installe sur le banc. Il m’avait dit que c’était gratuit, mais je commençais quand même à m’inquiéter. Avec raison puisque je remarquais qu’une bonne vingtaine de gamins m’entouraient. Ils avaient tous des boîtes en bois à la main. Je commençais même à paniquer, à me demander comment j’allais me sortir de là. C’est bien lui dis-je, merci ! Il me répond aussitôt : c’est dix francs. Et je lance : mais tu m’avais dit que c’est gratuit et maintenant c’est dix francs ! En regardant autour de moi, je remarquais que les gamins se montraient quelque peu agressifs ; mais où je suis tombé ? Je sortis de ma poche un billet et je le lui ai donné. Et j’ai pu observer un effet immédiat : d’un seul coup les enfants se sont dispersés ; et je me suis retrouvé au beau milieu de la place…comme un couillon. Je suis resté éberlué, le temps de retrouver mes esprits.

 

Dakar, capitale du Sénégal est la plus grande ville du pays. Mais quelle misère ! Nous avons visité le village où l’artisanat est une ressource importante pour toute une région. Je n’ai jamais vu autant de misérables se promener dans les rues et mendier tout le long de la place dont ils ont fait leur quartier général.

 

Il faisait très chaud ; nos mains étaient moites ; la poussière rouge se collait à nous. Et un soleil qui nous tuait. La chaleur était tellement étouffante que j’ai fini par décider de rentrer à bord.

 

Benjamin est rentré beaucoup plus tard. Il avait visité des quartiers, et j’ai eu droit à un récit détaillé.

 

Comme lors de toutes les escales, à 17 heures le navire appareille et reprend la haute mer. C’était un beau parcours que nous venons d’effectuer : nous avons quitté l’océan indien pour l’océan atlantique en passant par le cap et franchi pour la première fois de ma vie l’équateur où nous avons été drôlement secoués. Mais maintenant, c’est Marseille qui nous attend !

 

 

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Publié dans Livre

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