1e escale : l'Ile Maurice
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1e escale : L’Ile Maurice
Photo: Mon frère Benjamin et sa femme Marie Pierre au musée de la marine à Lorient.
À six heures du matin, je saute de ma couchette, pour aller voir l’île Maurice. Je monte en vitesse trois escaliers, l’île est alors en vue. Je suis resté là à regarder le beau paysage qui s’offrait à moi, le vent me frappait le visage sans compter les embruns qui me refroidissaient. Je suis resté planté là à savourer le spectacle. Et je me disais : voilà, ton avenir est devant toi !
Le bateau faisait de manœuvres pour accoster ; sur le quai, il y avait tout un monde qui nous faisait des signes, sans doute pour nous saluer. C’était notre première escale avec le Jean-Laborde. La passerelle était à peine mise en place que je constatais que des femmes étaient les premières à monter à bord. Cela m’intriguait. Je me suis mis alors à interroger mon entourage : Qui étaient ces belles filles qui montaient la passerelle avec des talons aiguilles et qui faisaient valoir leurs corps par des décolletés plongeants ? C’était tout simplement des filles de joie qui venaient gagner leur vie le temps d’une escale.
Port-Louis, notre première escale, ne m’a pas tellement enchanté. Une ville simple, un peu comme à la Réunion. Des gens sympathiques, mais nous n’arrivions pas à traduire correctement leur créole. C’était la course aux cartes postales ; tant bien que mal, nous avons essayé de nous faire comprendre en parlant français, et nous avons choisi de nous attabler pour rédiger des messages pour nos familles. Juste le temps de poster le courrier, l’heure de monter à bord sonnait déjà, car nous n’avions que deux heures pour visiter la ville. Nous avions regagné le navire dans la bonne humeur, en pensant à la prochaine escale.
Je revois encore ce départ de Maurice : une aussière claque dans l’eau ; le bateau bouge lentement, poussé par les remorqueurs ; il tourne sur lui-même jusqu’à ce que la proue se trouve pointée vers la sortie du port. En peu de temps, nous voilà en haute mer ; les personnels de bord enroulent les aussières et s’en vont vers d’autres tâches. En route pour le port suivant ; je vois l’île Maurice disparaître à la poupe du paquebot ; puis, lassé, je retrouve ma bannette en attendant le prochain repas.