Mes Zamours
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Mes « zamours »
À douze ans :
J’avais à peine douze ans quand j’ai commencé à m’intéresser aux filles.
J’avais un copain à l’école qui avait une sœur toute mignonne. Je suis tombé admiratif devant elle. Mon jeune cœur n’a pas résisté au coup de foudre.
Le matin, quand elle passait devant mon école pour aller à la sienne – à cette époque, il y en avait une pour les garçons et une autre pour les filles – je lui offrais quelques fleurs, un petit bouquet quoi ! que je cueillais à la maison – son frère faisait le facteur assez souvent.
Je ne l’ai jamais embrassée ; nous nous aimions à distance, et nous étions heureux : une fille qui pensait à moi ; et j’étais le garçon qui pensait à elle. Cela nous suffisait.
Notre amour s’est éteint comme il est venu, à petit feu.
À quinze ans :
À quinze ans je suis tombé amoureux d’une jolie fille de ma classe. Je l’aimais tellement que je n’osais pas la toucher de peur de la briser. J’étais timide en sa compagnie, et je ne disais mot. Je me contentais de l’embrasser, de la caresser. Nous nous voyons souvent.
Vint le temps des séparations. Elle était inscrite au Lycée de Saint-Denis, tandis que pour Benjamin et moi, c’était l’Ecole des Frères de Saint-Pierre qui nous attendait. Donc, on se voyait rarement, sauf pendant les vacances. Durant la période scolaire, je me suis fait une copine au Tampon, et je m’amusais bien. Sans doute de son côté, elle avait aussi un petit copain, mais lorsque l’on se voyait, chacun cachait son petit secret, et tout se passait normalement. Un petit peu de géographie : Saint-Denis est le chef-lieu de
Quand je me suis engagé dans
Puis la vie a continué, et j’ai fini par tout oublier.
Un jeune marin romantique qui aimait la fête :
- En vacances :
J’étais en vacances chez mon ami Bernard…et la fille du voisin était toute belle. Un cœur à prendre ; et le romantique que je suis s’est mis à la draguer.
J’ai été invité au mariage de sa sœur. Tout allait bien, mais elle aussi était timide. Quand nous étions ensemble, nous nous ennuyions. Nous nous sommes séparés.
- Une autre petite histoire d’amour :
Quand j’étais à l’Ecole des sous-officiers de Rochefort sur mer, tous les dimanches j’allais danser dans une boîte, la seule d’ailleurs, qui était au centre-ville. J’y ai rencontré une fille – je n’ai jamais su ni son nom ni son prénom. Des dimanches à danser ensemble sans se connaître. On ne disait pas un mot. On se contentait de danser. Nous étions bien à l’unisson.
Le dernier dimanche avant de partir, mon diplôme en poche, je l’ai retrouvée et nous avions dansé comme d’habitude. Cependant je lui ai dit que j’étais muté à la base aéro-navale de Nîmes-Garons.
Le bus qui devait la ramener chez elle l’attendait. Elle voulait à tout prix rester avec moi. Sa sœur et moi avions dû la faire rentrer de force dans le bus. Elle pleurait à chaudes larmes, et comme je lui avais donné mon prénom, elle n’arrêtait pas de crier : « Janick, Janick, je veux rester avec toi pour la soirée ». J’ai eu chaud ce dimanche-là ; j’allais m’ennuyer avec une fille dont j’ignorais même le prénom.
J’ai quitté, comme prévu, Rochefort sur mer pour ma nouvelle affectation.
- Marins en drague :
Mes amis disaient de moi que j’étais un bout en train ; je mettais de l’ambiance dans les cérémonies et les sorties entre copains. Et j’avais dans la marine beaucoup d’amis.
Un jour, je reçois un coup de téléphone de Bernard qui me demandait tout simplement d’être son témoin à son mariage. Il faut que je vous raconte comme il a rencontré sa femme.
C’était la fin des vacances et nous allions retrouver le Colbert. Dans le train, nous avions choisi un compartiment où, bien entendu, il y avait deux jeunes filles – pour ne pas nuire à notre réputation ! –, qui revenaient de Lille pour Marseille. Pendant le voyage, j’ai tout simplement dormi ; Bernard, lui, est resté éveillé toute la nuit.
À l’arrivée, je vois mon ami qui porte une valise qui n’était pas du tout la sienne. Alors je lui demande pourquoi il en trimballe une de plus. Il me glisse à l’oreille qu’il a dragué la plus grande des deux filles ; qu’il a son adresse et son numéro de téléphone. Et c’est ainsi qu’a commencé une grande histoire d’amour qui les a conduits au mariage.
Le jour des noces, j’ai fait le pitre comme d’habitude. La fille qui était le témoin de la mariée était plus grande que moi, et quand je dansais un slow avec elle, j’avais le nez entre ses seins. J’amusais la salle.
J’avais remarqué une jeune fille qui ne dansait pas, et quand je suis allé l’inviter, elle a décliné mon invitation. Donc, durant toute la soirée, je ne me suis plus occupé d’elle.
Arriva le moment de quitter Marseille pour regagner la caserne. Ils étaient tous venus au départ ; il y avait autant de filles que de garçons. À Nîmes-Garons, je me suis immédiatement couché, non sans avoir versé une petite larme de nostalgie : c’est que je venais de perdre mon meilleur compagnon de drague.
Un souvenir de Brest :
Pendant ma permission (affectation sur le Foch), j’ai rencontré une petite amie. On s’est beaucoup amusé, mais une fois finies les vacances, on se voyait seulement de temps en temps. Quand après le boulot, je me retirais dans un coin où je voyais toute la rade, il m’arrivait de lui lancer un petit poème :
Comme j’ai mal ce soir
En mon cœur de savoir
Que tu vis loin de moi
Heureuse sous ton toit
Tandis que jours et nuits
Je me noie dans l’ennui
Sans cesser de penser
De maudire de t’aimer.
Je ne sais vraiment pas
Pourquoi je reste là
À regarder la mer ou le ciel ou la terre
Que le soleil embrase
Alors que tout m’écrase
Quand vient la fin du jour
Loin de toi mon amour.
- La rencontre :
Le lendemain, en fin d’après-midi, Bernard me téléphona pour me dire qu’il m’attendait à la sortie de la caserne et qu’il avait une surprise pour moi. Je suis allé me préparer. Et qu’est-ce qu’il me réservait comme surprise ! À l’arrière de la voiture il y avait une jeune fille et c’était celle qui n’avait pas voulu danser avec moi à son mariage ! Le coup de foudre ! Les mariés devaient être en voyage de noce, et ils étaient avec nous.
Le fin mot de l’histoire : Eliane avait téléphoné à Bernard toute la journée car les mariés étaient en sortie, pour leur dire qu’elle voulait à tout prix me revoir, car elle ne m’aurait plus revu s’ils étaient partis en voyage de noce. Je les remercie ici, pour ce qu’ils ont fait pour moi, pour nous.
Un an après nous étions mariés ; et Bernard fut mon témoin.
Voilà trente quatre ans que nous sommes mariés et tout va de mieux en mieux. Le ciel m’a envoyé un ange.