Le Colbert en Afrique

Publié le par Janick Lebon

 

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Je reprends le récit de mes voyages dans la marine nationale.

 

 

Le Colbert, croiseur antiaérien : Croisière en Afrique

 

Photo : Le retraité que je suis aujourd’hui, en ballade sur le port de Toulon.

 

Le Foch ne faisait que des ronds dans l’eau. Je n’ai pas eu le plaisir de faire une escale dans un pays étranger. Et puis, un jour, une nouvelle est arrivée : le bâtiment sera le navire amiral de la flotte et donc basé à Toulon. Pour les Bretons qui étaient sur ce bateau ce n’était pas la joie, pour une question de trajet à faire lors des permissions. Pour ceux qui avaient leurs familles en Provence ou sur la Côte d’Azur en général, cela se voyait qu’ils étaient ravis de cette nouvelle, et fiers d’être de la région méditerranéenne.

 

En ce qui me concerne, cela ne me faisait ni chaud ni froid. C’était pour moi l’occasion de connaître la Côte d’Azur et d’apprécier son soleil, qui me manquait beaucoup en Bretagne.

 

Pour revenir aux escales dans les pays étrangers : le porte-avions Foch est trop imposant, il n’y a pas de quai assez long pour le recevoir. C’est pour cette raison qu’il évite de faire des escales à l’étranger – il se mouille au large des ports. La seule escale que j’ai faite avec ce bateau, c’est…Toulon.

 

L’envie de voyager me démangeait drôlement ; et c’est ainsi que j’ai oui dire que dans quinze jours le Colbert partait en croisière sur toutes les côtes d’Afrique. La chance me souriait : j’ai rencontré dans un bar un collègue qui se morfondait de rester sur ce bateau justement à cause de son affectation à Toulon et qu’il partait dans quinze jours. Il avait du mal à quitter sa famille qui résidait à Brest. J’ai sauté sur l’occasion. Je lui ai proposé d’engager une procédure de permutation dans les plus brefs délais. De joie, il m’a fait l’accolade. On a fait ce soir-là la tournée des grands ducs.

 

Nous avions le même grade, la même spécialité, et rien donc ne pouvait nous arrêter, quitte à demander un rendez-vous au Commandant. J’étais tellement content de faire plaisir à quelqu’un que je suis allé voir le commissaire de bord, mon chef de service. Il n’y a pas eu de refus, pendant que mon collègue faisait la même démarche, en procédure d’urgence car le Colbert partait dans les huit jours.

 

Et me voilà à bord de ce croiseur anti-aérien pour trois mois de croisière dans les pays d’Afrique ! Et trois ans d’affectation, car, dans la marine, quand on est embarqué sur un navire, c’est pour trois ans – et quatre quand on est basé à terre. On change d’affectation souvent dans une carrière : Hourtin, Rochefort, Brest et aux Marins pompiers de Marseille, et j’en passe.

 

Pour en revenir au Colbert : j’ai été déçu. C’est vrai, c’est un beau navire de guerre. Pour ce qui est du tonnage, il est au 10e rang après le Foch. On y est bien nourri et bien logé. Mais cette croisière se faisait dans des pays que j’avais déjà visités avec le Jean Laborde. Alors, ce n’était pas intéressant ! Pour ce qui est de la nouveauté, il n’y avait que la Côte-d ’Ivoire, le Ghana et la Mauritanie , des pays que je n’avais pas encore vus. Certains à bord appelaient cette croisière, la « corvée de charbon », parce que nous ne visitions que des pays d’Afrique.

 

J’aurais l’occasion de vous parler d’Abidjan, d’Accra, de Nouakchott (Mauritanie), anciennement Port-Etienne.

 

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